queilen_contuy_en aquellos tiempos


 xxxx-2020

El Reitimiento y el Yoco

Una forma tradicional chilota de procesar y compartir

Gonzalo PINEDA BRAVO

Sociologo

Queilen_Contuy, Chiloé, Chile

 

 

En el mundo rural tradicional de Chiloé (Chile), el reitimiento sigue rigurosas normas para procesar un cerdo y reafirmar los lazos sociales entre los vecinos, que tiene su explicación antropológica en la cultura local, para hacer frente al desafío de conservar y consumir sustentablemente la carne de los cerdos que engordan los campesinos en sus pequeños predios.

Cada familia cría y engorda no más de un par de cerdos para su autoconsumo, del cual el principal producto es la manteca, que se guarda para buena parte del año.

El reitimiento consiste en derretir la carne del cerdo en una gran olla, calentada a fuego abierto con la leña de su bosque nativo. Cuando en los meses de invierno tiene lugar esta costumbre, se invita a los vecinos para compartir la faena del sacrificio y procesamiento del cerdo. La manteca se guarda en latas para el uso de la familia que invita y luego se comparte una cena con su carne, acompañada de milcaos (masa elaborada con papas rayadas, mezclada con harina y algunos chicharrones del mismo cerdo) y  sopaipillas (masa de harina), que se fríen ambas en la misma grasa del cerdo. El alto contenido de grasa de esta preparación es habitualmente diluida con la ingesta de vino, a veces más abundante que el mismo plato…

Al enfriarse la carne derretida en su propia grasa, la familia que invita aparta una parte para su consumo que muchas veces se ahuma para una mayor conservación de la misma y cada invitado vuelve a su casa con otra porción (el yoco), que aprovechará en las siguientes semanas.

Cuando las familias invitadas procesan posteriormente su(s) cerdo(s), invitan también al resto de los participantes a la misma ceremonia. De esta manera, se confirma la tesis del padre de la etnología francesa, antropólogo y sociólogo Marcel Mauss (1872-1950), que en su "Ensayo sobre el Don", estudiando el potlatch polinésico encuentra una explicación al por qué de la circulación de las cosas en las sociedades pre capitalistas, intentando responder a la siguiente incógnita “¿Qué hay en la cosa que hace que la cosa sea dada?”

La tradición del reitimiento es entonces la respuesta cultural chilota de la incógnita de Mauss, que describiendo las tres obligaciones (dar, recibir y retribuir), facilita el intercambio y en este caso la circulación inteligente de la carne de cerdo en estas comunidades campesinas del sur del mundo.

El que invita cumple con la obligación de DAR y los invitados con las obligaciones de RECIBIR (un rechazo a la invitación es sinónimo de guerra…) y de posteriormente RETRIBUIR a los miembros de su comunidad cuando él sacrifica su(s) cerdo(s).

 

En la comuna de Queilen (Isla Grande de Chiloé), donde yo vivo, se realiza en el mes de julio una importante Fiesta Costumbrista con el más grande de los reitimientos del Archipiélago. Se procesan más de 100 cerdos, claro que ahora (por influencia del neoliberalismo) cada asistente paga en billetes su participación…

Lamentablemente esta significativa tradición cultural, que también era característica de los antiguos campesinos

del Gran Ducado de Luxemburgo y de otros lejanos lugares, va perdiendo fuerza por el imperio cada vez más hegemónico de la lógica monetaria y en particular por el acceso masivo a la energía eléctrica, que permite el funcionamiento de refrigeradores y congeladores para la conservación de la carne de cerdo que produce cada familia para su autoconsumo.

Aún así, esta tradición perdura hasta nuestros días en muchas comunidades chilotas, como elemento identitario de su cultura.

Gonzalo Pineda Bravo

Sociólogo

Comarca Contuy, Queilen, Chiloé, Chile

Marzo 2020

 

P.D. Esta breve descripción y análisis se hace a petición de mi buen amigo Bernard Marot, francés-chileno, avecindado en Besancon e interesado en recopilar testimonios sobre “el chancho”, como se llama popularmente en Chile al cerdo de cuatro patas y muchas veces a algunos que solo tienen dos patas y que se distinguen por no ser muy buenas personas…


2020 04 23

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Reitimiento y Yoco

A Chiloé, une façon traditionnelle de préparer et de partager

 

 

 

 

 

Dans le monde rural traditionnel de Chiloé (Chili), le reitimiento suit des règles rigoureuses pour préparer un porc et réaffirmer les liens sociaux entre voisins, qui trouvent elles-mêmes leur explication anthropologique dans la culture locale, pour faire face au défi de conserver et de consommer correctement la viande des porcs que les paysans engraissent sur leurs petites propriétés.

Chaque famille n’élève et n’engraisse, pour sa consommation propre, pas plus d’un couple de porcs dont la production principale est le saindoux, qui, pour sa part, se conserve durant une bonne partie de l’année.

Le reitimiento consiste à faire fondre la viande du porc dans une grande marmite, chauffée à ciel ouvert avec du bois de la forêt native. Quand, durant les mois d’hiver, se déroule cette coutume, on invite les voisins à partager les tâches du sacrifice et de la préparation du porc. Le saindoux se conserve en boites de métal pour l’usage de la famille invitante, puis on partage un repas composé avec la viande, accompagnée de milcaos (pâte élaborée à partir de pommes de terre râpées, mélangée à de la farine, et comportant quelques lardons - chincharones - de l’animal lui-même) et de sopaipillas (pâte de farine) que l’on fait frire dans la graisse même du porc. La haute teneur en graisse de cette préparation est habituellement paliée par l’ingestion de vin, parfois plus abondant que le plat lui-même…

Quand la viande fondue dans sa propre graisse refroidit, la famille invitante en garde une partie pour sa propre consommation, qui est très souvent fumée pour être mieux conservée, et chaque invité retourne chez lui avec une autre portion - le yoco -, qu’il consommera au cours des semaines suivantes.

Quand les familles invitées préparent ensuite leur(s) porc(s), elles invitent aussi le reste des participants à la même cérémonie. De cette façon est confirmée la thèse du père de l’ethnologie française, l’anthropologue et sociologue Marcel Mauss (1872-1950), qui, dans son "Essai sur le Don", étudiant le potlatch polynésien, trouve une explication au "pourquoi" de la circulation des choses dans les sociétés pré capitalistes, essayant de répondre à la question : "Qu’y a-t-il en la chose qui fait qu’elle soit donnée ?"

La tradition du reitimiento est donc la réponse culturelle de Chiloé à la question de Mauss, qui décrivant les trois obligations (donner, recevoir et rétribuer), facilite l’échange, et, ici, la circulation intelligente de la viande de porc au sein de ces communautés paysannes du sud du monde.

Celui qui invite satisfait l’obligation de DONNER  et les invités les obligations de RECEVOIR  (un refus de l’invitation est synonyme de guerre…) et, ensuite, de RETRIBUER aux membres de leur communauté quand, à leur tour, ils sacrifient et préparent leur(s) porc(s).

 

Dans la commune de Queilen (Ile de Chiloé, où je vis, il y a au mois de juillet une Fête Coutumière importante, avec le plus grand des reitimientos de l’Archipel.

On prépare plus de 100 porcs ; mais bien sûr, maintenant - sous l’influence du néolibéralisme - chacun paie sa participation…

Hélas cette significative tradition culturelle, qui était aussi caractéristique des anciens paysans du Grand Duché du Luxembourg et d’autres lieux lointains, perd de sa force sous l’empire toujours plus hégémonique de la logique monétaire et en particulier à cause de l’accès massif à l’énergie électrique, qui permet le fonctionnement des réfrigérateurs et des congélateurs pour la conservation de la viande de porc produite par chaque famille pour sa consommation propre.

Même ainsi, cette tradition perdure jusqu’à nos jours au sein de nombreuses communautés de Chiloé, comme élément identitaire de leur culture.

Gonzalo Pineda Bravo

Sociologue

Comarca Contuy, Queilen, Chiloé, Chile

Mars 2020

 

Note: Cette brève description et analyse est faite sur demande de mon ami Bernard Marot, français-chilien, résidant à Besançon et soucieux de compiler des témoignages sur le chancho, comme on appelle populairement, au Chili, le porc à quatre pattes,… et aussi, assez souvent, certains qui n’en ont que deux et se distinguent par le fait de ne pas être de très bonne personnes…




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